Peuples, payez leur dette !

La dette publique est le résultat de trente ans d’ultralibéralisme qui vise à diminuer l’emprise de l’État désigné comme un frein au développement et à soutenir les détenteurs de capitaux parce que plus les riches sont riches, plus ils pourront investir et créer de l’emploi...

facteur conjoncturel : le manque de recettes

On a donc réduit ses recettes en diminuant les impôts des plus riches, ceux des grandes entreprises, en créant des niches fiscales et des paradis fiscaux. Résultat, chaque année, le déficit s’est accumulé. Lorsqu’il est devenu trop important, les gouvernements ont déclaré qu’ils ne pouvaient plus payer les dépenses d’éducation, retraites, santé, etc

facteur structurel : la création monétaire

Avant, quand l’État avait un déficit d’un milliard de francs, il fabriquait un milliard de francs (planche à billets) et pouvait alors payer ses dépenses. Maintenant, quand l’État n’arrive pas à boucler son budget, il emprunte de l’argent en mettant en vente des bons du trésor ou obligations d’État à terme (OAT).

Pourquoi un tel changement ? Pour favoriser les riches bien sûr (car ils pourront investir et créer de l’emploi...) ! En effet, faire fonctionner la planche à billets pour combler un déficit provoquait l’inflation monétaire, qui était surtout ressentie par les plus riches : celui qui détient un million de dollars, quand il y a une inflation de 15% ne dispose plus que de 850 000 dollars au bout d’un an. Dans la zone euro, les traités ont fixé à la banque centrale européenne (BCE), comme premier objectif, la lutte contre l’inflation. Depuis le traité de Maastricht (repris ensuite dans le traité de Lisbonne) en 1992, l’État est même obligé de passer par les banques pour se financer !

endettement des ménages

Depuis trente ans, la part des salaires dans la redistribution des richesses n’a cessé de baisser au bénéfice des revenus du capital : les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres ! Résultat, un endettement massif des ménages. Hors c’est justement ce sur-endettement, notamment aux États-Unis, qui est à l’origine de la première crise : la crise des subprimes.

Un système à bout de souffle

Le système actuel, reposant sur la trilogie consommation-production-profit est à bout de souffle. Il reposait en grande partie sur l’endettement des ménages et des États. Par ailleurs, une croissance infinie ne peut durer indéfiniment dans un monde fini. Le système est confronté aujourd’hui aux limites du réchauffement, de l’épuisement des ressources, de la perte de la biodiversité, etc.

Les plans d’austérité qui tombent un peu partout en Europe, et notamment en France, sont une application de la « stratégie du choc » de Naomi Klein : augmentation des privatisations et de la part de plus-value qui va aux capitalistes, diminution des salaires et des services publics. La consommation baisse, les rentrées fiscales diminuent. La récession qui pointe rendra impossible le remboursement de la dette publique.

La solution la plus logique serait de faire des audits des dettes publiques en Europe et d’annuler les dettes illégitimes. Est-il légitime de baisser les impôts des plus riches comme l’ont fait Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy alors que le budget était lourdement déficitaire ? Est-il légitime de sauver les banques sans avoir un droit de regard sur leur gestion ? La deuxième solution qui risque fort de se produire sera la fabrication de monnaie par la BCE comme le fait la réserve fédérale américaine. Cela provoquera une forte perte de la valeur de l’euro et donc des dettes à rembourser et l’euro aura bien du mal à y résister.

source : CQFD n°192, entretien avec Nicolas Sersiron

Chiffres et délices

  • Depuis 1974, ce sont 1200 milliards d’euros qui ont été versés aux banques en intérêts
  • Un chiffre qu’il faut rapprocher des 1640 milliards d’euros de notre dette publique
  • En 2011, 45 milliards d’euros seront versés aux banques en intérêts, presque autant que le budget de l’éducation nationale
  • Pour la France, les cadeaux fiscaux, qui creusent un peu plus la dette, représentent 110 milliards d’euros par an ; Le double que ce rapporte l’impôt sur le revenu
  • Explosion de la dette publique : 14% PIB en 1974 à 81% du PIB aujourd’hui

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