Comment les riches détruisent la planète

Tout d’abord le constat : selon James Lovelock, « Avec le réchauffement climatique, la plus grande partie de la surface du globe va se transformer en désert. Les survivants se grouperont autour de l’Arctique. Mais il n’y aura pas de place pour tout le monde, alors il y aura des guerres, des populaces déchaînés, des seigneurs de la guerre. Ce n’est pas la Terre qui est menacée, mais la civilisation. ».

Voici donc le constat alarmant d’un scientifique anglais. Ici pas de catastrophisme, juste un constat malheureusement trop réel...
Petit rappel, le réchauffement climatique est dû à l’accroissement de l’effet de serre : certains gaz, tels que le dioxyde de carbone ou le méthane, ont la propriété de piéger près de la planète une partie du rayonnement qu’elle réfléchit vers l’espace.

Ces gaz proviennent notamment du rejet des moteurs thermiques de vos voitures (n’ayant pas de voiture, je me mets bien sûr hors de ce lot). Notons aussi que près de 20% des gaz à effet de serre sont dus à la déforestation et que cette déforestation se fait surtout au nom de l’agriculture (huile de palme pour les agro-carburants, soja pour nourrir notre bétail...).

A ce phénomène, s’ajoute une nouvelle problématique : le climat pourrait se dérégler brutalement, trop vite pour que l’action humaine puisse corriger le déséquilibre.

Selon le GIEC (Groupe d’expert internationale sur le le climat), l’augmentation de la température moyenne devrait se situer entre 1,4 et 5,8 °C à la fin du XXI siècle.

Pour comparaison, la température moyenne du globe est actuellement de 15°C. Sous l’ère glacière, il y a vingt mille ans, elle n’était que de 5°C inférieure à celle d’aujourd’hui.

De plus, même si l’on arrêtait d’un seul coup les émissions de gaz, l’augmentation de l’effet de serre provoquée par les émissions précédentes ne seraient pas immédiatement interrompue.
Ainsi, le réchauffement que nous vivons se produit très rapidement par rapport aux phénomènes comparables connus dans le passé. Un changement irréversible pourrait survenir au delà d’un certain seuil d’augmentation. La rapidité du phénomène pourrait affecter l’auto-régulation de la biosphère.

« Nous sommes actuellement responsables de la sixième extinction majeure dans l’histoire de la Terre, et la plus importante depuis que les dinosaures ont disparu il y a 65 millions d’années », affirme le Rapport sur la biodiversité globale rendu lors de la conférence des Nations Unis sur la biodiversité, au Brésil en 2006.

Ce constat accablant étant fait, je vais maintenant m’atteler à parler de pourquoi et du comment...

Le pourquoi d’abord. Nous parlions l’émission précédente de socialisme.. Malheureusement, la pauvreté idéologique du socialisme en matière d’écologie, n’a rien a envié à celle du capitalisme. De ce point de vue, sur le discours économique, marxisme et capitalisme sont équivalent : ils postulent tout deux que la production est insuffisante...

Et c’est bien sûr là que le bât blesse : nous vivons globalement au dessus de nos moyens. L’ « empreinte écologique » de nos sociétés, c’est à dire leur écologique, selon le concept forgé par un expert suisse, Mathis Wackernagel, dépasse la « biocapacité de la planète ». En 1960, selon lui, l’humanité n’utilisait que la moitié de cette capacité biologique ; en 2003, elle tirait 1,2 fois cette capacité, c’est à dire qu’elle consommait davantage de ressources écologique que la planète n’en produit.

Malgré tout cela, l’absence de réflexion politique est affligeante, y compris chez les socialistes, centre de gravité de gauche, dont la théorie est fondé sur le matérialisme et l’idéologie du progrès du XIXe siècle. A la gauche de la gauche, c’est pas mieux. Mêmes maux, mêmes remèdes et donc mêmes échecs. En 2009, le NPA et LO parviennent à peine à aligner deux trois propositions sur le sujet.. Leurs préoccupations, ainsi que celles des syndicats, accorderont toujours plus de priorité à l’emploi d’un secteur anti-écologique plutôt qu’à proposer un modèle de société prenant en compte la crise écologique dans laquelle nous nous situons !

Allez bien sûr, vous allez me dire, il y a les verts, les écolos et leur développement durable ! Le développement durable et ses portes drapeaux constituent la honte de l’écologie ! Le développement durable est une arme sémantique pour évacuer le gros mot « écologie ». Que tous les gens de bonne foi qui croient aux vertus du développement durable s’interrogent : constatent-t-ils un ralentissement de la déforestation ? De l’émission du gaz à effet de serre ? De la bitumisation des campagnes ? De l’automobilisation de la planète ?

Le développement durable serait efficace si l’on se donne du temps, croient-t-ils ? Mais nous n’avons plus le temps. C’est dans les dix années à venir qu’il nous faut reprendre le gouvernail du cargo que dirigents aujourd’hui des capitaines irresponsables réunis en G20. Le développement durable n’a pour fonction que de maintenir les profits et d’éviter les changements des habitudes en modifiant, à peine, le cap.

Comment sortir de la crise écologique alors ? Hervé Kempf, auteur notamment de comment les riches détruisent la planète , édité au seuil en 2007, s’inspire du modèle de pensée de Veblen (un économiste américain du début du XXe siècle), l’économie est dominée par un principe : « La tendance à rivaliser – à se comparer à autrui pour le rabaisser ». Veblen observe ainsi que les besoins de la population ne sont pas infinis, comme le prétendent les économistes classiques. Au delà d’un certain niveau, c’est le jeu social qui les stimule. L’exemple est vite trouver : pourquoi les gens se sont-ils équipés de brûle cerveau, pardon de téléphone portable ? Pour immiter les copains et voisins les plus consuméristes qui s’étaient laissés tentés par les publicités qui se gardaient bien d’ailleurs de parler d’éventuels risque de santé...

C’est donc cette chaîne consumériste que nous devons briser collectivement afin de stopper la croissance matérielle. En effet si la croissance était immatérielle, c’est à dire augmentait la richesse monétaire sans consommer plus de ressources naturelles, le problème serait tout autre.

Par soucis d’équité et d’efficacité, c’est avant tout la croissance matérielle des plus riches que nous devons donc stopper. Entendez moi bien, je m’adresse plus particulièrement à tous les égarés par les discours malhonnêtes de Daniel Cohn Bendit : Il n’est pas question de diminuer la consommation matérielle des plus pauvres, c’est à dire de la majorité des habitants des pays du Sud, et d’une partie des habitants des pays riches.

Au contraire, il faut l’augmenter, par soucis de justice.
Car je l’ai déjà dit, je le répète : 80% des richesses sont détenues par 20% de la population mondiale !

Le développement, la croissance est très inégalement réparti.. Ce sacrifice de bon nombre d’espèces animales et végétales ne se fait que pour quelques hyper riches ! Selon le PNUD, un milliard survit dans le monde avec moins de un dollar par jour.

La multiplication dans le monde du nombre de milliardaires est saisissante : en 1985, quand le magazine Forbes a commencé son recensement, il en comptait 140 ; en 2002, ils étaient 476 ; en 2005, 793. Ces 793 individus possèdent 2600 milliards. Une somme qui équivaut, selon le comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), à la « totalité de la dette extérieure de tous les pays en développement ».

Pour finir, une proposition est certainement plus concrète que les simulacres du G20 : instaurer un indispensable RMA (Revenu Maximal Admissible).

source : Comment les riches détruisent la planète, Hervé Kempf (Seuil 2007)


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